Concertation nationale : la presse malienne en colère !

 Concertation nationale : la presse malienne en colère !

Les présidents des associations faitières de presse (ASSEP, l’URTEL, Appel Mali, Maison de la presse), se sont réunis ce matin pour dénoncer la mise à l’écart de la presse depuis le début du processus de concertation nationale sur la transition. C’était le samedi 12 septembre 2020 à la maison de la presse lors d’un point de presse.

 « Nous sommes à un moment important qui se caractérise par une mutation profonde dans le domaine de notre métier. Il est important de gérer des situations avec responsabilité, avec détermination, honnête et dignité. Nous avons eu à faire face à de nombreux défis : défi de l’indépendance, de l’impartialité, de la neutralité qui peuvent être considérés pour certains comme étant une lâcheté. Notre rôle essentiel, c’est la défense des intérêts de la corporation », a déclaré Bandjoukou Danté, président de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL).

En ce qui concerne la situation actuelle, Danté affirme qu’ils ont toujours appelé les responsables des médias à la responsabilité. Qu’ils ont été là pour protéger les journalistes partout où besoin était.  Il est de leur responsabilité d’envoyer leurs reporters couvrir les évènements.

« Nous considérons que la démocratie, c’est une table qui doit avoir 4 pieds : un pourvoir exécutif, législatif, judicaire et les medias. Si vous enlevez un pied la table ne va tenir bon. Mais le régime defunt a procédé à une clochardisation de la presse. Malheureusement, cela n’a pas marché. On a ignoré les organisations professionnelles en mettant les intérêts privés au-devant. Honnêtement, nous ne cherchons pas notre part. Nous cherchons la part des medias », a-t-il martelé.

Badjoukou Danté, a précisé que, c’est pour prendre le peuple malien en témoin que, les medias maliens tiennent à assumer leur part de responsabilité dans le Mali nouveau qui doit naitre.

Modibo Fofana, président Appel Mali (Association pour la presse en ligne), a expliqué comment la presse a été marginalisée lors de cette concertation. Selon lui, lors du 1er jour, parmi les points évoqués, nulle part on a mentionné la presse. « J’ai soulevé cette question dans la salle en exprimant nos priorités (comment on peut indexer l’aide à la presse, une presse indépendante  et forte, la relecture du régime de presse et de délit de presse) sur un bout de papier pour remettre à la présidente des travaux de groupes qui à son tour à remis à son rapporteur », a-t-il regretté.

Le deuxième jour, d’après lui les débats ont porté sur la charte de la transition. On a évoqué la création d’une autorité indépendante pour réguler la presse audiovisuelle, la presse écrite et la presse en ligne. Pour cela, le président de l’APPEL Mali dit avoir soulevé la question en disant que ça sera un doublon, alors que la HAC est déjà là ».

« Nous sommes en colère. On a été totalement marginalisé. Même la carte de presse nationale a été ignorée. Très généralement si tu parles de la presse tu n’as pas de soutien dans la salle. La presse n’a pas été associée à ces travaux, parmi les 25 experts, il n’y a aucun journaliste. C’est un évènement historique on ne doit pas croiser les bras », a-t-il lancé.

Bintou COULIBALY

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